Les mots comptent
MAGA reprend le slogan Make America Great Again associé à Donald Trump. QAnon désigne un phénomène conspirationniste pro-Trump né en octobre 2017 sur des forums anonymes, selon la notice de Conspiracy Watch. Les deux appellations ne sont pas interchangeables. L’adhésion à un slogan politique ne permet pas, à elle seule, d’attribuer à une personne toutes les croyances qui circulent autour de ce slogan.
Le récit QAnon
Conspiracy Watch décrit un récit dans lequel une organisation criminelle cachée contrôlerait des institutions et serait combattue par Donald Trump. Ces accusations doivent être présentées comme les croyances des partisans du mouvement. Elles ne deviennent pas des faits parce qu’elles sont répétées. Le lecteur doit pouvoir repérer, dans chaque phrase, qui affirme quoi et sur quel document cette affirmation repose.
Du message anonyme à la certitude partagée
Un message énigmatique peut encourager ses lecteurs à chercher des correspondances dans l’actualité. C’est une piste d’analyse du fonctionnement du récit : si une phrase reste assez vague, plusieurs événements peuvent lui être rattachés après coup. Pour tester une prédiction, il faut conserver son texte exact, sa date et son résultat attendu. Sans cette trace, il devient trop facile de déplacer le sens au fil des événements.
Une étude sur Facebook
Les chercheurs Soojong Kim et Jisu Kim ont analysé des contenus de 2 813 pages et groupes Facebook ayant contribué à la diffusion du récit QAnon entre 2017 et 2020. Leur étude observe notamment une circulation croissante de références internes à Facebook. Ces résultats décrivent le corpus étudié et cette période. Ils ne mesurent ni tous les électeurs de Trump ni l’ensemble des usages actuels des réseaux sociaux.
Ce que nous vérifions
Une vidéo attribuée à Trump, une déclaration d’un élu, un message anonyme et une interprétation d’influenceur demandent des vérifications distinctes. Nous recherchons l’enregistrement original, la date, le contexte et les mots réellement prononcés. Un soutien documenté à une affirmation doit être décrit précisément ; une proximité supposée ne suffit pas. Mais il faut aussi regarder comment un récit se transmet, au lieu de s’arrêter au nombre de partages.
Un repère pour le lecteur
Lorsqu’un contenu accuse une personne nommée, demandez quel élément vérifiable soutient cette accusation. Si toutes les objections sont absorbées par l’idée d’un secret organisé, cherchez quel résultat pourrait encore contredire l’histoire. Une enquête doit pouvoir rencontrer une preuve qui la fait changer de direction.
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